... Brice Collonnier et Romain Pradaut, 11 décembre :
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-le film sera un genre de documentaire. Est-ce qu'on pourrait le définir comme un docu-fiction ?
-les images que nous donnons à voir sont pour une partie d'entre elles des mises en scène, mais qui se jouent dans des contextes réels, prises dans le flux d'une rue par exemple.
-nous n'avons donc pas le statut de reporter certes, mais un anthropologue pourrait intervenir dans l'objet qu'il étudie. Qu'est-ce qui nous distingue d'une démarche ethnographique qui étudierait par exemple la confrontation de cultures ?
-nous manipulons effectivement des formes issues de cultures différentes (chapeaux, figures mythologiques, ...), mais je crois que nous nous soucions d'esthétique dans la rencontre.
-nos images pourraient donc constituer des bases de donnée pour ethnographe.
-en ce cas je ne sais avec quelle échelle ils pourraient en tirer quoi que ce soit.
-quel est finalement notre positionnement ?
-je ne sais pas.
-dans nos performances nous exacerbons tour à tour l'origine culturelle de notre comportement où au contraire son empirisme (expériences de nos corps sensibles dans l'espace). Au final, ces performances s'avèrent dans l'instant. Ce qui est intéressant c'est d'envisager ces actes à la fois dans leur origine, mais aussi dans le récit qu'on va en faire. La perception se joue là tout autant. Là se posent les questions de l'exotisme, de la culture jacente, du détail, des enjeux de différents niveaux de langage tels que les fables, les contes, les mythologies, l'histoire, l'histoire de l'art ...
-des histoires qui font acte, et des actes qui font histoire ...
-ce va-et-vient entre les constructions culturelles et les expérimentations forme en ronde la vraie histoire du monde !
-oui, la vraie histoire du monde, ce sont ces récits que nous ramenons de voyages, et qui s'étoffent de détails plus ou moins vrais, images imprégnées d'exotisme de nos nos corps racontant."